Tu t’attendais à la fatigue. Peut-être aux nuits courtes, au corps qui met du temps à récupérer, aux nouvelles responsabilités. Mais pas à ça — cette sensation de ne plus tout à fait te reconnaître. Cette impression d’avoir changé quelque chose d’essentiel en toi, sans savoir si c’est pour toujours.
Si tu te retrouves dans ces mots, il y a un mot pour ce que tu traverses.
Ce mot, c’est la matrescence.

Qu’est-ce que la matrescence ?
La matrescence, c’est la transformation — physique, psychologique, identitaire — que traverse une femme lorsqu’elle devient mère. Le terme a été introduit par l’anthropologue Dana Raphael dans les années 1970, puis repopularisé par la psychologue Aurelie Athan à partir de 2015.
L’idée est simple mais puissante : comme l’adolescence est une période de transition entre l’enfance et l’âge adulte, la matrescence est une transition entre la femme que tu étais et la mère que tu deviens.
Ce n’est pas une maladie. Ce n’est pas un trouble de l’humeur. C’est un passage — normal, profond, et souvent très difficile à traverser seule. Parce que contrairement à l’adolescence, on ne te prévient pas. On ne t’y prépare pas. Et on te demande souvent de sourire pendant que tu le traverses.
Les signes que tu vis une matrescence
Tu traverses peut-être une matrescence si :
- Tu te sens perdue dans ton rôle de maman, même si tu aimes profondément tes enfants
- Tu as l’impression d’avoir « perdu » la femme que tu étais avant
- Tu ressens une culpabilité constante — de ne pas être assez présente, assez patiente, assez heureuse
- Tu es épuisée d’une façon que le sommeil ne règle pas vraiment
- Tu n’arrives plus à trouver du temps — ni de l’énergie — pour toi
- Tu aimes être maman, et en même temps, tu étouffes parfois
- Quelque chose en toi cherche à se retrouver, sans savoir comment
Ces sensations ne signifient absolument pas que tu es une mauvaise mère. Elles signifient que tu es en train de traverser l’une des plus grandes transformations de ta vie — et que ton système nerveux, ton corps, et ton identité le ressentent tous les trois en même temps.

Pourquoi personne n’en parle
La matrescence est encore peu connue en France. On parle volontiers du baby blues (les premiers jours) ou de la dépression post-partum (quand ça devient clinique). Mais entre les deux — cette zone grise où tu fonctionnes, mais tu te sens vide — il n’y a longtemps eu aucun mot.
Sans mot, pas de reconnaissance. Sans reconnaissance, on fait comme si tout allait bien.
Et pendant ce temps, des milliers de mamans se disent en silence : « Je survis, à côté de moi-même. »
La matrescence ne dure pas un mois. Elle peut s’étirer sur plusieurs années — le temps que tu intègres ce que la maternité a changé en toi, que tu fasses le deuil de certaines choses, et que tu tisses une nouvelle version de toi-même qui a de la place pour tout ça.

Je suis passée par là
“Moi, c’est Camille, je suis maman de deux enfants de 2 et 4 ans. La matrescence, n’est pas arrivée d’un coup pour moi. Elle n’est même pas vraiment arrivée à mon premier enfant. Elle s’est vraiment révélée à mon deuxième. Je n’imaginais pas qu’avoir deux enfants allait être aussi difficile. Le chamboulement de notre équilibre familial, de notre couple. Le chamboulement de mon corps, de mon espace mental et de ma vie de femme.
Et c’est difficile d’en parler.
A nos proches et aux professionnels de santé.Je ne me suis pas sentie comprise, ni même entendue. C’est quelques chose que l’on doit traverser seule, au mieux en couple.”
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Comment traverser la matrescence
Nommer ce que tu vis. C’est déjà énorme. Savoir que ce que tu traverses a un nom — que ce n’est pas une défaillance personnelle, mais un passage universel — change quelque chose.
Revenir à ton corps. La matrescence se vit aussi physiquement. Ton corps a changé, il a porté, donné, récupéré. Revenir à lui avec douceur — par le yoga, le mouvement, des gestes de soin quotidiens — c’est une façon de te retrouver toi, pas seulement la maman.
Te donner du temps. Pas du temps « productif ». Du temps pour toi — pour souffler, pour te poser, pour te demander ce dont tu as besoin. A commencer pourquoi pas par un week-end seule pour maman.
Ne pas le traverser seule. Être reconnue dans ce que tu vis — par une professionnelle, une communauté, des femmes qui traversent la même chose — ça change tout. La solitude de la matrescence est souvent ce qui la rend insupportable.
Matrescence et yoga : un chemin vers toi
Le yoga — et plus particulièrement le yoga post-natal thérapeutique — est l’un des outils les plus puissants pour traverser la matrescence. Non pas parce qu’il « règle » quelque chose, mais parce qu’il te reconnecte à toi. Il t’apprend à habiter un corps que tu ne reconnais peut-être plus. À ralentir quand tout va trop vite. À respirer quand tu étouffes. Découvre ce que personne ne dit vraiment sur le yoga post-natal ou post-partum.
Combiné à un travail d’introspection — journaling, cercles de parole, rituels doux — le yoga devient un fil pour retrouver le chemin vers toi-même.
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Une retraite de yoga ou du temps seule ?
“Pour mon deuxième post-partum, le yoga a été ma boussole, mon guide pour faire vivre et relâcher ce que j’avais vécu lors de l’accouchement, puis après. Quelques minutes quand je le pouvais. J’ai aussi cherché à passer quelques nuits seules, pour me retrouver dans tout ce tumulte.
- Je me suis retrouvée dans un appartement seule, pour me reposer.
Mais j’aurais aimé avoir un accompagnant qui m’écoute et me propose du yoga, des rituels, des balades. Pour me ressourcer vraiment. - J’ai participé à une retraite de yoga.
Mais je ne me sentais pas en accord avec les autres participantes qui n’avaient pas d’enfants.
C’est pour toutes ces mamans, qui comme moi ont besoin de se ressourcer mais ne trouvent pas la bonne option, que j’ai créé des Retraites Individuelles au Mont-Dore. 3 lieux qui accueillent les Jeunes Mamans, couplé à mon accompagnement sur-mesure en yoga, sonothérapie, rituels et écriture.”
Et si – toi aussi – tu prenais du temps pour toi ?
Ce que je te propose c’est de passer 2 nuits (ou plus) dans l’un de mes refuges ou Mont-Dore (63).

Quelques jours pour te reposer, te sentir écoutée et te reconnecter à toi, la maman, et la femme que tu es. Voici quelques exemples d’activités que nous pourrions faire ensemble :
- Du temps pour me reposer, dormir
- Une séance de yoga pour retrouver confiance, retonifier mon corps
- Une séance de yoga pour lâcher prise, me détendre et me ressourcer
- Une méditation pour me reconnecter avec mon intuition de maman
- Une méditation pour me reconnecter avec la puissance de mon corps de maman
- Une méditation de fermeture de mon corps
- Une méditation pour me reconnecter qux 4 saisons de mon cycle
- Une marche méditative au lever du soleil
- Une marche méditative en pleine forêt
- Un bain nature en eaux chaudes
- Un voyage sonore en nature
- Un rituel pour ressentir comment mon cycle menstruel peut guider ma vie de maman
- Un rituel pour poser les bases de la maman que j’aimerais être
- Un rituel de célébration de mon accouchement
- Un rituel de fin d’allaitement
→ Découvrir les retraites inviduelles pour jeunes mamans avec Camille

Camille est professeure de yoga thérapeutique, basée au Mont-Dore dans le Puy-de-Dôme. Elle accompagne les mamans à traverser leur matrescence avec douceur — par le corps, l’introspection, et l’immersion en nature.
